flag france

Français flag england Anglais

Susan Kamau et Norolalao Ramanantsoa : une passion au service de l’Afrique

SusanKamau NorolalaoRamanantsoa

Lorsque les meilleurs athlètes kenyans concourront aux Championnats du monde d’athlétisme de l’IAAF à Doha en septembre 2019, peu de gens penseront à la logistique qui leur a permis d’arriver jusque-là. Et pourtant, derrière cela se cache une femme loin d’être aussi populaire que les athlètes vedettes que produit souvent ce pays d’Afrique de l’Est.

Son nom est Susan Kamau, la directrice administrative d’Athletics Kenya, la Fédération kenyane d’athlétisme.

En tant qu’administratrice en chef, Kamau supervise la gestion quotidienne de la Fédération et intervient auprès des plus grandes instances gouvernementales et du secteur privé afin d’obtenir le soutien nécessaire aux équipes qui se déplacent pour représenter le Kenya aux divers événements continentaux et mondiaux. Elle participe également à des événements marketing pour consolider le budget opérationnel de l’organisation.

Un long chemin

« Il m’a fallu 22 ans pour accéder au poste d’administratrice en chef », explique Kamau.

Elle a commencé comme bénévole pour la Fédération en 1996 et a lentement gravi les échelons.

« On m’a embauchée comme secrétaire. J’ai ensuite grimpé les échelons pour devenir administratrice en chef d’Athletics Kenya. J’ai ensuite été nommée Directrice générale par intérim par le conseil d’administration jusqu’en avril 2019, date à laquelle j’ai été nommée à mon poste actuel. »

Dans ce climat de lutte que mènent organismes nationaux et internationaux pour l’égalité des sexes dans les fonctions dirigeantes, Kamau est l’une des rares femmes du continent africain à avoir gravi les échelons jusqu’à occuper un poste décisionnel dans le milieu de l’athlétisme.

Dans le cadre des vastes réformes adoptées par le Congrès de l’IAAF à la fin de 2016, l’IAAF a ajouté à ses statuts des objectifs minimums en matière de genre pour établir la parité à tous les niveaux de gouvernance de l’athlétisme.

Cette année, le Congrès de l’IAAF verra l’élection de la première vice-présidente. En 2027, il est prévu qu’elles soient deux sur quatre à occuper ce poste. Cette même année, l’égalité des sexes sera respectée au niveau de la représentation au Conseil de l’IAAF.

Les Fédérations membres montrent également les premiers signes d’une évolution vers la parité, notamment en Afrique. Sur le continent, les femmes assument progressivement des rôles dans des fonctions dirigeantes. Sept des 54 fédérations membres de la CAA comptent désormais des femmes à des hauts postes décisionnels. Parmi ces sept fédérations, il y a la Fédération malgache d’athlétisme, dirigée par Norolalao Ramanantsoa.

Elle s’est lancée dans le monde de l’athlétisme il y a 30 ans lorsqu’avec son mari, elle a commencé à promouvoir ce sport dans ce pays insulaire d’Afrique australe.

« Mon mari et moi avons participé activement aux événements et aux compétitions de la fédération », a déclaré Ramanantsoa. « Nous avons aussi soutenu personnellement des sprinters et des coureurs de demi-fond. En l’an 2000, le président nouvellement élu a formé son équipe et m’a demandé de me joindre au comité directeur, ce que j’ai accepté. »

Ramanantsoa a été conseillère pendant huit ans avant d’occuper en 2008 le poste de Vice-présidente. Lorsque son prédécesseur a démissionné quatre ans plus tard, Ramanantsoa s’est présentée à la présidence en 2013 et a été élue.

L’ascension

Kamau et Ramanantsoa ont gravi les échelons alors que les femmes étaient encore rares dans les hautes fonctions de la gestion du sport, en particulier en Afrique. Pour toutes les deux, cette ascension s’est faite au prix d’un dur labeur.

« J’ai dû retourner à l’université pour étudier l’administration et la gestion des affaires », a déclaré Kamau. « Le Kenya étant un pays très prometteur en athlétisme, il fallait continuer de faire émerger les talents de demain et garantir un flux continu de bons athlètes. »

Pendant que Kamau apprenait les ficelles du métier à l'école, Ramanantsoa découvrait qu’embrasser son ambition de diriger la Fédération malgache d’athlétisme, après des années de service au sein de son bureau exécutif, était tout sauf facile.

« Il m’a fallu deux fois plus de temps que mes collègues masculins pour atteindre mes objectifs », a-t-elle déclaré. « Les élections ont toujours été difficiles car nos adversaires ont usé de tous les moyens pour se faire élire, mais j’ai tenu bon. »

Depuis, beaucoup de choses ont changé. Ramanantsoa affirme que la parité est plutôt respectée au sein de la Fédération malgache d’athlétisme. « Les fonctions de Secrétaire général, de Président, de Trésorier général adjoint et d’Entraîneur en chef sont toutes occupées par des femmes. Les décisions importantes sont prises en collégialité avec les autres membres. »

Au Kenya, Kamau, en tant que membre du sous-comité féminin de la fédération, influence également le développement des athlètes féminines.

Athletics Kenya a beaucoup évolué sous le mandat de Kamau. En 2017, elle a été nommée Fédération sportive de l’année au Kenya. Les athlètes kenyans continuent d’amasser les médailles dans les compétitions mondiales, terminant deuxièmes derrière les États-Unis avec 11 médailles aux Jeux olympiques d’été de 2016 et 13 médailles aux Championnats du monde de l’IAAF à Londres 2017.

Ramanantsoa a été l’artisan du succès modeste de Madagascar lors de l’édition 2019 des Jeux des îles de l’océan Indien qui a eu lieu à Maurice, avec 44 médailles en athlétisme, dont 20 en or.

Son leadership a traversé les frontières de Madagascar. Elle est maintenant l’une des quatre femmes membres du conseil de la Confédération africaine d’athlétisme.

Kamau et Ramanantsoa encouragent les femmes à envisager une carrière dans la gestion de l’athlétisme.

Helen Ngoh

Avec l’aimable autorisation de l’IAAF